Statut : République
Superficie : 1 284 000 km²
Population : 8 700 000 habitants (est.2004)
Densité : 6 hab./km²
Langues officielles : Arabe, Français
Langues parlées : Arabe, Ngambai
Religion : Islam (44 %), Christianisme (33 %), Animisme (23 %)
Monnaie : Franc CFA
P.N.B. : 270 $US / hab. (2000)
Capitale : N’Djamena
Principales villes : Sarh, Moundou, Abéché, Bongor, Doba, Lai, Koumra, Kélo
Pays limitrophes : Niger, Libye, Soudan, Centrafrique, Cameroun, Nigeria
Point culminant : Emi Koussi 3 415 m
- Néolithique : Présence humaine attestée par des peintures rupestres. Au sud, ses habitants vivent de la pêche et de l’agriculture en bordure du lac Tchad, dont la superficie était beaucoup plus étendue, et des pasteurs venus de l’est se sont installés dans les montagnes de l’Ennedi et du Tibesti, au nord. Les vestiges matériels des premiers habitants identifiés sont les statuettes funéraires en terre cuite attribuées aux Sao, des populations noires installées sur des buttes émergeant des terres inondables au sud du lac Tchad, au seuil de notre ère.
L’empire de Kanem-Bornou
- Vers 800 : Un peuple qui serait issu du métissage des populations du Sud et des populations du Nord, chassées par l’assèchement du Sahara, fonde, sur la bordure nord-est du lac Tchad, le royaume du Kanem. Celui-ci se développe, au détriment de la civilisation Sao, grâce au contrôle du commerce saharien vers la Méditerranée et au trafic d’esclaves, capturés dans le Sud et acheminés vers le Fezzan et Tripoli.
- XIème siècle : Ses souverains se convertissent à l’Islam.
- XIIIème siècle : ilsétendent leur domination jusqu’au Bornou (dans l’actuel Nigeria), au Fezzan et au Ouaddaï, en direction du Nil.
- XIVème siècle : L’empire de Kanem-Bornou est affaibli par les raids des nomades boulala venus de l’est, qui contraignent son souverain à se réfugier au Bornou, en 1380.
- XVIème siècle : Le royaume de Bornou reconquiert le Kanem.
- A partir du XVIIème siècle : De nouvelles puissances émergent. Le royaume du Bornou doit céder ses parties périphériques aux Touareg (nord-ouest). Son déclin favorise l’émergence au nord-est de trois sultanats musulmans esclavagistes : le Baguirmi, le Ouaddaï et le Darfour.
La conquête française
- Début du XXème siècle : Le marchand d’esclaves Rabah Zobeir, un Soudanais arabisé, qui a conquis le Borkou et le Baguirmi, se heurte aux troupes françaises du commandant Lamy. Les explorations se sont multipliées dans le bassin du Tchad tout au long du XIXème siècle.
- 1890 : Le lac Tchad est découpé en trois zones - britannique, allemande et française.
- 1900 : Lamy et Rabah trouvent tous deux la mort durant la bataille de Kousséri, qui marque le début de la conquête du territoire par l’armée française et la fin de l’indépendance africaine dans cette partie du Sahel. La population du Ouaddaï résiste jusqu’en 1909 tandis que le Nord (Borkou, Ennedi et Tibesti) reste sous administration militaire française jusqu’en 1965. En revanche, les populations du Sud, pays des esclaves (Dar el-abid) pour les trafiquants islamisés du Nord, accueillent assez favorablement la présence française, qui les protège des rezzous.
- 1910 : Le Tchad est rattaché à l’Afrique-Équatoriale Française avant de devenir, dix ans plus tard, une colonie.
L’administration coloniale française privilégie la mise en valeur du Sud fertile, où se développe la culture du coton.
- 1935 : Le président du Conseil français, Pierre Laval, signe avec le dictateur italien Benito Mussolini un accord prévoyant la cession de la bande d’Aozou à l’Italie, alors présente en Libye. L’accord n’est jamais ratifié en raison de l’alliance entre Mussolini et Hitler, mais il sert de prétexte au colonel Kadhafi, le dirigeant libyen, pour occuper ce territoire. Première colonie française ralliée à la France libre en 1940 par le gouverneur Félix Éboué, le Tchad est utilisé comme base militaire pour la reconquête de l’Afrique du Nord à partir du Fezzan (bataille de Koufra, 1942).
L’indépendance et la guerre
- 1946 : Fondation du Parti progressiste tchadien (PPT), affilié au Rassemblement démocratique africain, fondé par Félix Houphouët-Boigny, et implanté dans le Sud. Il est dirigé par un administrateur d’origine antillaise, Gabriel Lisette, et un instituteur tchadien, François Tombalbaye. Le PPT remporte, en 1956, les premières élections au suffrage universel, organisées dans le cadre de la loi Defferre, renforçant l’autonomie locale.
- 1959 : Un an après que le Tchad soit devenu une république au sein de la Communauté française, Tombalbaye devient Premier ministre. L’année suivante, le Tchad accède à l’indépendance sous la présidence du dirigeant du PPT.
L’indépendance ravive la rivalité séculaire entre le Sud, dominé jusqu’à la colonisation française, et le “Nord” (Borkou, Ennedi, Tibesti, ou BET), ancien dominateur, où l’administration militaire n’a jamais cessé de s’exercer durant toute l’époque coloniale. Tombalbaye mène une politique de marginalisation des populations musulmanes nordistes et, en 1962, supprime les partis politiques, le PPT étant seul autorisé.
- 1966 : Un Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) voit le jour au Soudan. Il rassemble des musulmans du nord et du centre-est, mais également des opposants de toutes origines, fortement influencés par le nassérisme. Le Frolinat est soutenu par le Soudan.
- Avril 1969 : L’armée française intervient contre la rébellion et indirectement contre la Libye, dont le nouveau dirigeant, le colonel Kadhafi, apporte son appui logistique au Frolinat et revendique des droits sur la bande d’Aozou. Un temps réduit, le Frolinat éclate en plusieurs mouvements. Les Toubou font sécession et forment une “deuxième armée”, au sein de laquelle les Forces armées populaires (FAP) commandées par Goukouni Oueddeï, un Teda, sont appuyées par la Libye, et les Forces armées du Nord (FAN) dirigées par Hissène Habré, un Gorane, sont soutenues par le Soudan.
- 1973 : La Libye annexe la bande d’Aozou. L’année suivante, les partisans d’Hissène Habré prennent en otage l’archéologue française Françoise Claustre
- 1975 : tandis que la rébellion nordiste poursuit ses actions, un coup d’État à N’Djamena porte au pouvoir le général Félix Malloum, un autre sudiste. Le nouveau dirigeant parvient à rallier Hissène Habré qu’il nomme Premier ministre en 1978.
- 1979 : Rupture de l’alliance.
Des combats opposent l’armée gouvernementale (Forces armées tchadiennes, FAT) aux forces d’Hissène Habré, qui s’emparent de N’Djamena. En mars, la guerre a gagné le Sud. Sous la pression de la France, des accords sont conclus à Kano, au Nigeria. Ils instituent un gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) comprenant notamment des représentants des FAP, des FAN et des FAT et dirigé par Goukouni Oueddeï. Mais le lieutenant-colonel Abdelkader Kamougué, chef des FAT installé à Moundou, refuse de le reconnaître. Un second GUNT est alors formé, dans lequel Kamougué est nommé Premier ministre.
GEOGRAPHIE PHYSIQUE
Tchad, [république du Tchad] pays d’Afrique centrale, limité au nord par la Libye, à l’est par le Soudan, au sud par la République centrafricaine et à l’ouest par le Cameroun, le Nigeria et le Niger — trois États avec lesquels il partage les eaux du lac Tchad. La capitale, Ndjamena, se trouve à la confluence des fleuves Chari et Logone.
Héritage des rivalités entre colonisateurs européens en Afrique, le tracé des frontières de ce vaste territoire (1 284 000 km²) a nourri un long contentieux entre le Tchad et la Libye, portant sur la bande d’Aozou (114 000 km2) que le Tribunal international de La Haye a attribué définitivement au Tchad en février 1994. Lien entre l’Afrique blanche arabisée et l’Afrique noire, rattaché jusqu’en 1960 à l’Afrique-Équatoriale française (AÉF), le pays a connu, depuis son indépendance, une succession de conflits internes provoquant des interventions militaires françaises. L’opposition entre le Nord musulman et le Sud animiste et chrétien menace toujours l’unité nationale.
Météo du Tchad
Relief et hydrographie
Le pays occupe le bassin du lac Tchad, une vaste cuvette continentale de faible altitude (environ 200 m). À l’extrémité nord, le massif du Tibesti culmine à 3 415 m au pic Emi Koussi, un volcan éteint, au-delà duquel s’étend la bande d’Aozou. À l’est, les plateaux de l’Ennedi et du Ouaddaï, moins élevés (910 m), font frontière avec le Soudan. Si le Nord appartient au Sahara, le Centre (massif de la Guera, 1 800 m) marque le début de la zone fertile qui se poursuit jusqu’au plateau de l’Oubangui, au sud. Prenant leur source en Centrafrique, les fleuves Logone et Chari arrosent la vaste plaine du sud-ouest, inondable une partie de l’année, avant de se rejoindre à Ndjamena, la capitale, puis d’alimenter le lac Tchad. La superficie du lac varie entre 10 000 et 26 000 km² (en saison des pluies). Mais les sécheresses des décennies 1970 et 1980, ainsi que le pompage de ses eaux pour l’irrigation, ont provoqué une baisse inquiétante de son niveau.
Climat
Le Tchad comporte trois zones climatiques. Dans la moitié nord, désertique, les précipitations annuelles sont insignifiantes (25 mm à Faya-Largeau). La partie centrale, sahélienne, reçoit davantage de pluies (250 à 500 mm par an). La région méridionale bénéficie d’un climat tropical (1 200 mm). Au centre comme au sud, trois saisons sont distinctement marquées : une saison chaude de mars à juillet ; une saison pluvieuse de juillet à octobre ; et une saison fraîche durant le reste de l’année. La température moyenne diurne à Ndjamena varie de 33 °C en décembre (14 °C la nuit) à 42 °C en avril (23 °C la nuit).
Ressources naturelles
Le centre du pays est couvert d’une steppe propice aux pâturages. Elle fait place, dans le Sud, à une savane arborée où se trouve l’essentiel des terres cultivables. Les poissons des fleuves Chari et Logone représentent une ressource importante, de même que les mines de natron (carbonate de sodium). Le Sud recèle un important gisement pétrolier dans la région de Doba, dont l’exploitation débute en octobre 2003 grâce à la construction d’un oléoduc reliant les puits tchadiens au terminal camerounais de Kribi. Des gisements d’uranium et de manganèse, dans la bande d’Aozou, demeurent inexploités.
Démographie
Le Tchad comptait 9,54 millions d'habitants en 2004. Sur la période 1990-1995, la croissance annuelle de la population s’élevait à 2,7 p. 100 ; la mortalité infantile atteignait 122 p. 1 000 et l’espérance de vie à la naissance était de 47 ans.
La densité absolue de peuplement est faible (7,6 habitants au km²) mais la majeure partie de la population est concentrée dans les zones fertiles, au sud des fleuves Logone et Chari, ainsi que dans les zones urbaines où vivent 25 p. 100 des Tchadiens. La capitale, Ndjamena, est la plus grande ville (750 000 habitants en 1994). Les autres agglomérations — Sarh (anciennement Fort-Archambault), Moundou et Abéché — comptent chacune 100 000 habitants environ. Le Tchad est divisé en 14 préfectures.
Les Peul et les Arabes (très métissés) pratiquent l’élevage dans le Centre. Les Toubou nomadisent des oasis de Libye au lac Tchad. Ils sont divisés en trois groupes : les Teda, éleveurs de chameaux, au nord ; les Goranes (ou Daza), éleveurs de bovins, au sud-est ; et les Zaghawa, au sud de l'Ennedi. Les populations noires dominantes au sud sont les Sara, un peuple d’agriculteurs, et les Kirdis. Les Hadjaraïs sont installés de très longue date dans le massif de la Guera. À l’ouest, des Haoussa assurent le commerce entre le Nigeria et la Libye.
Langues et religions
Les langues officielles sont le français et l’arabe. Parmi la centaine de langues et dialectes parlés au Tchad, les plus répandus sont le sara, le teda (langues africaines), l’arabe tchadien et surtout le haoussa, qui sert de langue véhiculaire. Les musulmans représentent 50 p. 100 de la population, les animistes 43 p. 100 et les chrétiens environ 7 p. 100.
Éducation
En 2000, le taux d’alphabétisation était de 53,6 p. 100. L’éducation est théoriquement obligatoire pour un cycle de six ans, de 6 à 11 ans. En 2000–2001, 73 p. 100 des enfants d’âge scolaire (dont un tiers de filles) fréquentaient l’école primaire, tandis que 11,5 p. 100 seulement avaient accès à l’école secondaire. L’université du Tchad, ouverte en 1971 à Ndjamena, comptait environ 2 000 étudiants. Un nombre équivalent d’élèves fréquentait les écoles techniques ou les établissements de formation des maîtres.
