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Afrique : Pourquoi tant de fantasmes ?

En 2003 quand des Kenyans ont savouré la victoire éléctorale de la coalition de l'opposition qui a mis fin à 40 ans de régime de la KANU et Le gouvernement nigérian dans la même année a demandé aux militaires de la Guinée-Bissau de raméner au pouvoir le président Kumba Yala déchu et de restaurer l'ordre constitutionnel dans le pays, on a eu raison de dire que l'Afrique à amorcer enfin sa marche vers la démocratie.Deux ans après, cette marche s'estombe et voila notre Afrique s'alarmer à nouveau du désintérêt des Français pour le respect de l'ordre constitutionnel au Togo et du soutien de Chirac aux tyrans d'Afrique.

Du Burkina-Faso en passant par la Côte d'Ivoire, le Tchad,le Cameroun,le Togo et aujourd'hui la RCA, les appels rituels de l'opposition politique à la mobilisation des élécteurs contre la modification de la constitution resteront inéfficaces tant que les hommes et les femmes politiques d'Afrique ne se seront pas posés la seule question qui compte : Est-ce bien de notre continent qu'il s'agit ?

Si l'on veut une Afrique politique, il faut d'abord faire de l'Afrique un sujet politique pour les africains : Débattre réellement de ce qu'est l'Union Africaine aujourd'hui, de ses actions, de ses progrès et de ses retards, et de ce que l'on peut raisonnablement espérer qu'elle devienne. Tant que l'Afrique n'est pas ce sujet de débat, mais seulement le terrain intermittent des manœuvres des militaires et de certains potentats nationaux, nous resterons là où nous sommes : des électeurs qui ne savent pas pour qui ni pourquoi ils votent, des députés sans mandat, une Afrique des hors la loi qui échappe à la volonté populaire.

L'appel à l'ordre constitutionnel de la Communité des Etats de l' Afrique de l'Ouest et celui de la France donnent deux sons de cloche differents et on ne sait plus lequel des sons prendra le dessus.

Quand l'Afrique parle de la rémise du pouvoir au président de l'Assemblée du Togo afin que celui-ci organise dans les delais prevus par la constitution les éléctions,la France , elle va de ses bras raccourcis pour juste demander à l'illégitime dauphin d'organiser les éléctions dans les delais prévus par la constitution.

En Cote d'Ivoire,l' ONU impose une résolution puis va contre sa décision laissant chaque prémier Ministre désigné a leur propre sort.

Au Tchad, les éléctions sont justes selon les observateurs de l'ONU. En RCA, un président élu perd sa place mais l'ONU ne dit rien.

Et puisqu'il s'agit de la France parlant aux noms de ses colonies dans les instances de l'ONU ,on a que a se souvenir de la teneur du message de son Excellence Chirac aux Présidents Gnassingbé, Paul Bya, et Idriss Deby après les éléctions présidentielles de ces pays.

Doit-on encore se prendre la tête que Faure Gnassingbé organise les éléctions et que un candidat autre que lui les gagne ? Que Kabila-Fils batte Jean-Pierre Bemba ? Que Bozizé s'évade de la France pour royalement remplacer Patassé en RCA alors que celui-ci était entouré des autres chefs d'Etat a Yaoundé ?

La scène qui se passe en Afrique doit interpeller tous les démocrates africains parceque cette fois, l'histoire nous donne une deuxième chance après la Republique du Congo de Kabila, du Togo d'Eyadema et de la RCA de Bozizé de revoir au grand jour nos relations avec la France et se doter d'une nouvelle attitude.

Si au Togo,le fils remplace le père,au Tchad,le fils fait partie du cortège qui accueille les personnalités venues pour la conférence sur le Dafour marchant sur le tapis rouge aux côtés des personalités étrangères venues à N'Djamena pour la cirsconstance et en RCA un évadé devienne président sans inquiéter, on doit se demander si la France est l'amie de l' Afrique ?

Les constitutions africaines ne paraissent-elles pas utopiques ?Peut-on bâtir l'Afrique avec des tels fantasmes ?

Que se passera-t-il si, la France n'est pas parvenue à trouver un candidat de son choix pour la Côte d'Ivoire,le Togo, le Tchad etc... ? Faut-il continuer à enterrer nos morts parceque la France en a ainsi voulu ?

Nous devrons inventer les moyens de fonctionner sans consulter toujours cette France qui ne nous veut pas du bien. Ceux qui veulent de cette France savent bien qu'ils sont près à marcher sur les corps de leurs semblables sans aucun remord parceque c'est delà que viennent leurs soutiens.

Il n'est pas à Faure Gnassingbé d'annoncer l'organisation d'un scrutin dans le délai prévu.

Le président sud-africain Thabo Mbeki, qui avait dénoncé "une mascarade anticonstitutionnelle", a pour sa part accueilli "favorablement" l'annonce de l'organisation d'une élection présidentielle sans se demander qui devait l'organiser alors que le président Obasandjo lui était clair sur sa position qu'il ne revenait pas à Faure d'organiser ce scrutin.

Pourquoi cette agitation ? Le problème, politiquement, est d'avoir jouer avec deux phrases semblables ayant des significations politiques très differentes .

En clair, les tenants de l'intervention française dans toute prise de décision africaine évitent de placer le président de l'Assemblée du Togo au coeur du debat mais jouent sur la notion de « l'ordre constitutionnel » créant plus un flou dans la démarche de l'Union Africaine.

Le Togo, n'est pas une question qu'il faut laisser aux politiques seulement. L'importance de la question est telle que la sagesse recommande que la jeunesse s'y engage résolument.

Sans doute que du côté des victimes, il y en a qui rêvent de la revanche, mais la véritable revanche est celle qui donne espoir à tous et qui met fin aux bains de sang. C'est pourquoi, plutôt que de fermer les plaies de nos relations avec la France , le cas du Togo, du Congo et aujourd'hui de la Cote d'Ivoire doit être le point de depart d'une veritable prise de conscience des africains.

Ce n'est peut-être pas trop tard, mais il faut savoir que les grands peuples sont toujours ceux qui ont su changer de voies. Les séances interminables des reunions sur la Côte d'Ivoire, le Soudan et le Congo auxquelles nous assistons aujourd'hui, avec des résultats peu concluants pour nous ,sont des calculs bien établis dans des lieux surs pour retarder l'avancée de l'Afrique pour que ce continent reste toujours celui qui tient la queue des continents pauvres.

Comment comprendre aujourd'hui que les hommes qui ont donné leur vie pour sauver la France des deux guerres mondiales soient ceux qui aient des enfants incapables de resoudre les problèmes de leur continent ?

Les vrais patriotes africains sont capables d'enraciner ensemble la démocratie, et d'ôter à l'oligarchie du colon tous les arguments fallacieux. Nous devons cesser d'être timorés et opposer une fin de non recevoir aux exigences de la France et en appeler s'il le faut, à un seul arbitrage : celui des leaders africains eux-mêmes pour leur continent.

Felix Ngoussou

©La Conscience/TchadForum